Il fut un temps où le vinaigre parfumé était l’objet de toilette le plus précieux de l’aristocratie européenne. Bien avant que l’eau de cologne ne s’impose au XIXe siècle, c’est le vinaigre de toilette — un mélange de vinaigre de vin, d’herbes aromatiques et de résines, macéré au soleil pendant des semaines — qui accompagnait le rituel de la beauté. Les dames de la cour de Louis XV en imbibaient des éponges qu’elles glissaient dans de petits récipients d’orfèvrerie percés, les vinaigrettes, qu’elles portaient au poignet ou à la ceinture pour se raviver les sens dans les salons surchauffés. On ajoutait quelques gouttes dans l’eau du bain, on s’en frictionnait les tempes en cas de malaise, on en parfumait le linge et les boiseries.
Le vinaigre de toilette a aussi une dimension sanitaire fascinante. Le plus célèbre d’entre eux — le Vinaigre des Quatre Voleurs — naquit d’une légende liée à la peste de Marseille de 1720 (l’année même de la fondation d’Oriza !) : quatre brigands auraient dépouillé les cadavres de pestiférés sans jamais tomber malades, protégés par un vinaigre d’herbes dont ils se frictionnaient le corps. La science moderne a en partie validé cette légende : plusieurs de ces plantes sont d’authentiques répulsifs contre les puces, vecteurs de la peste.
Oriza Aciduliné est l’héritier direct de cette tradition. Sa formule, perfectionnée en 1852 par les parfumeurs de la Maison, est l’une des plus anciennes de la gamme encore en production. Entièrement naturel, fait main en France, il se présente dans un élégant flacon accompagné d’un vaporisateur rechargeable de 50 ml.
À l’application, l’Aciduliné surprend d’abord par sa vivacité : une pointe vinaigré franche, presque piquante, qui disparaît en deux à trois minutes pour laisser place à un bouquet d’herbes aromatiques d’une fraîcheur remarquable — menthe, romarin, sauge, herbes coupées — légèrement relevé d’épices chaudes. Le résultat est tonique, purifiant, vivifiant — un véritable réveil des sens.