Comment se parfumer lorsque l’on est allergique ?

Publié le : 25/06/2019 14:08:32
Catégories : Actualités Oriza

Femme entrain de se mettre du parfum

Le parfum est présent dans une très grande majorité de produits cosmétiques. Composé de nombreuses molécules, dont certaines considérées comme allergènes, il peut être à l’origine de réactions dermatologiques, allant de la simple irritation à l’allergie.

On considère que les allergies au parfum concernent 1% à 3% de la population européenne.

Symptômes, traitements et solutions alternatives au parfum

Les symptômes d’une allergie au parfum

Les symptômes d’une allergie au parfum peuvent être nombreux, mais il faut d’abord faire la différence entre une irritation cutanée et une allergie. Sauf choc allergique soudain et violent entraînant un œdème, les allergies au parfum ne se manifestent généralement pas immédiatement. Il faut attendre 24h ou 48h pour envisager l’allergie.

Une éruption cutanée juste après s’être parfumé est souvent due à une peau sensible, sèche, ou à une exposition à la chaleur et/ou au soleil.

Les allergies, quant à elles, se décomposent en une phase de sensibilisation suivie d’une phase de  réaction allergique. La première phase est généralement asymptomatique, mais lors de la seconde des réactions peuvent avoir lieu au niveau des yeux, du nez, de la bouche et de la peau. Les symptômes les plus fréquents sont des éruptions cutanées pouvant évoluer sur de l’urticaire ou de l’eczéma. Cependant, des éternuements et des écoulements nasaux peuvent se produire (rhinite allergique), de même que des céphalées modérées à sévères, des difficultés respiratoires, de la fatigue, des vertiges, des courbatures musculaires, des irritations oculaires, des rougeurs et gonflements, voire des nausées et vomissements.

Bien qu’assez rares, si de tels symptômes apparaissent, il est impératif de consulter un médecin dans un premier temps, et éventuellement un allergologue afin de définir avec précision les molécules causant cette allergie.

Les traitements possibles

A ce jour, il n’y a pas de traitement spécifique pour les allergies au parfum. Une personne ayant fait une réaction allergique à un parfum se verra, dans la plupart des cas, prescrire un traitement antihistaminique afin de supprimer les symptômes. Il faut savoir qu’une fois déclenchée, une allergie est souvent définitive.

Les produits et les solutions alternatives au parfum

Il existe cependant des gestes afin de prévenir les allergies, ainsi que des produits alternatifs en cas d’allergie confirmée.

La majorité des allergies au parfum sont des allergies dites de contact, c’est-à-dire que l’allergène, après contact, pénètre la peau, réagit avec les anti-corps auparavant sensibilisés et provoque une inflammation des cellules. Dans ce cas, il est possible de porter du parfum mais pas en contact direct avec la peau ; on peut en mettre sur nos vêtements. Dans le cas d’allergies aéroportées (par inhalation) d’autres mesures s’imposent.

L’exposition au soleil après s’être parfumé est à éviter, car certains composants libèrent des allergènes sous l’action de la chaleur et des UV.

Enfin si l’on est allergique à l’alcool présent dans les parfums, on peut privilégier d’autres produits parfumants tels que les produits dérivés (shampooings, gels douche, déodorants, brumes pour cheveux etc…) ou des parfums à base non alcoolique (huile, parfum solide, eaux…).

Comment lire les étiquettes des parfums ?

L’allergie au parfum étant un problème récurrent sur le marché des cosmétiques, le Comité Scientifique Européen pour la Sécurité des Consommateurs a établi en 2012 une liste de 86 composants de parfums potentiellement allergènes. Une directive européenne a depuis imposé aux fabricants de lister sur leurs étiquettes 26 de ces substances, jugées plus à risques. Parmi ces substances, on retrouve notamment les incontournables linalol, limonene, citral, citronellol, coumarine, farnesol, eugenol, isoeugenol et tous les dérivés de cinnamal (amyl, benzyl, hexyl…). Notons que toutes ces molécules peuvent être naturelles ou synthétiques ; par conséquent, les parfums dits naturels ou bio ne sont pas des alternatives aux allergies au parfum.

De plus, trois allergènes à l’origine de nombreux cas d’allergies, l’ydroxyisohexyl 3-cyclohexene carboxaldehyde, l’atranol et le chloratranol, seront interdits dès le 23 août 2019 dans le cas de lancements de nouveaux produits, et à partir du 23 août 2021 dans le cas de produits déjà commercialisés.

Conclusion

Les allergies au parfum, bien que relativement rares, doivent être prises en compte avec sérieux et anticipées en adoptant les bons gestes, car elles sont susceptibles de rendre l’usage quotidien de cosmétiques compliqué.

Néanmoins, les marques, conscientes de ce risque, mettent de plus en plus à disposition des consommateurs des produits alternatifs, qui offrent par ailleurs une nouvelle gestuelle parfum.

La législation européenne s’adapte également en imposant des limites de concentration pour les substances allergènes. Ainsi, l’International Fragrance Association étudie chaque année les composants potentiellement allergènes et préconise (ou impose) des reformulations de parfums afin de réduire les risques d’allergies.